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L’édito de Chlomo : « Les enfants morts, ça vous fait rire? »

L’édito de Chlomo : « Les enfants morts, ça vous fait rire? »

Alors pour répondre franchement, non. Des sacrifices d’enfants dans l’Amérique du Sud pre-colombienne au destin tragique des victimes de pédophiles, ne nous « lol-isent » et nous « mdr-isent » qu’assez peu.

C’est pourquoi notre dernier article sur cet enfant mort palestinien sous le coup de feu d’un soldat israélien n’a pas vraiment suscité en nous une transcendante hilarité.
Nul besoin d’expliquer l’article : soit tu captes, soit tu ne captes pas. A ce niveau c’est une question de sensibilité et il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réactions.
En publiant cette dépêche nous savions évidemment quelles réactions elle allait engendrer. Non que nous soyons devin, mais car c’est la règle du genre. Nous ne reprocherons donc à personne les insultes, les réactions hostiles et même les demandes de censure, c’est une règle que nous acceptons d’office, le fameux « c’est pas drôle ».

Les enfants qui souffrent ou les victimes de genocides, les personnes violées, font partie des sujets clivants qui vont mécaniquement voir poindre ces réactions. C’est normal. A tel point que nous avons déjà commencé à préparer cet édito avant.

Et un enfant tué par un soldat, surtout dans ce contexte, est sur le podium des sujets épineux. Outre-Atlantique les comiques américains auraient demandé « too soon ? »

Chacun a ses limites. Et fort heureusement, certains auront perçu que l’article évoquait l’outrance comparative avec la supposée violence du pass sanitaire.
Car oui, la présence militaire israélienne parmi les Palestiniens est une violence. Tout comme le terrorisme. Si vous nous demandiez notre avis, nous sommes contre la présence israélienne car pas la moindre envie de contrôler le destin d’un autre peuple, et pourtant nous nous souvenons que lors du dernier retrait de Gaza cela ne nous as pas rapporté que des fleurs. Bref, on est dans la merde.

Tout est une question de point de vue. Faire le parallèle entre ce mort et le pass sanitaire, c’est de faire entrechoquer deux absurdités, l’une mortelle, et l’autre aussi.

Mais à la question de savoir si on aurait fait pareil si cela avait été un enfant juif, si le contexte s’y prête alors oui.
Penser un instant que la mort d’un innocent (pas forcément enfant d’ailleurs) nous réjouis, c’est mal nous connaître et ne jamais avoir lu nos articles.

D’ailleurs bien après le dernier conflit, une idée d’article nous était arrivé trop tard : « Les enfants israéliens meilleurs en sport depuis qu’ils ont 10 secondes pour courir aux abris, il suffit de survivre pour gagner la course »… et l’auteur de ces lignes a des enfants qui se sont retrouvés à courir aux abris. L’humour comme une forme de résilience? Sans doute pas mais peut-être une manière de faire avaler la pilule de l’absurdité du monde et des souffrances qui en découlent.

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